Et si nous allions au pub ?

Difficile de ne pas associer les pubs à la culture britannique. Au fil des siècles, ces établissements ont multiplié les offres pour devenir le lieu de convivialité préféré des anglais. Mais ces dernières années, beaucoup ont mis la clé sous la porte.
La fin d’une époque ?

Les pubs sont intimement liés à l’histoire de l’Angleterre.

Dès la construction des premières voies romaines, sont apparues tout du long de celles-ci des auberges et des tavernes tenues par des familles. Ces dernières y vendaient leur production artisanale d’ale, pour rafraîchir les voyageurs.
L’expansion du nombre de ces « public houses », d’où vient aujourd’hui le nom « pubs », a été telle que le roi Edgar a dû décréter l’interdiction d’avoir plus d’un pub par village en 965.

Si cette mesure a pu avoir un effet salutaire sur la santé et l’ordre public, il semblerait aussi qu’elle ait été un tant soit peu trop restrictive. Du fait de l’accroissement de la taille des villes, il devenait en effet difficile de trouver ces établissements dans les ruelles et le roi Richard II imposa aux pubs d’être localisables et identifiables grâce à l’installation au-dessus de la porte d’une enseigne.
Ce sera une branche, un bâton mais les plus talentueux des propriétaires laisseront libre cours à leur imagination. Les bouts de bois seront alors sculptés et décorés. Priorité est donnée à l’image, le degré d’alphabétisation de la société à cette époque est quasi inexistant. Les temps ont changé mais de nos jours encore une belle part est laissée à la représentation graphique du nom de l’établissement.

Fréquentation et désertion

Traditionnellement le lieu était fréquenté par des ouvriers et des paysans qui venaient boire une pinte après une dure journée de labeur. On venait s’y distraire, jouer aux cartes, s’affronter aux fléchettes, regarder les matchs de foot… Le lieu était bien souvent bruyant et enfumé.
L’interdiction de fumer, l’augmentation des taxes et la baisse de consommation d’alcool ont fortement remis en cause le modèle économique traditionnel des pubs.
Le smoking ban, décrété le 1er juillet 2007, a eu un impact énorme et en 10 années, 7 000 pubs ont mis la clé sous la porte au Royaume Uni. L’interdiction du tabac dans les lieux publics n’est pas le seul facteur à incriminer. Sur la même période, la consommation d’alcool a globalement diminué de 17 %. Le phénomène a d’autant plus impacté les gérants de pub qu’ils ont dû faire face à une hausse de 40 % de la taxe sur la bière imposée par le gouvernement anglais ; rendant le prix d’une bière au pub supérieur à celui d’une bière achetée en supermarché. Lorsqu’un anglais boit une pinte dans un pub, il verse 54 p dans les caisses de l’Etat plus 20% de T.V.A alors que l’Allemand, autre grand consommateur européen de cette boisson, est taxé 14 fois moins.

Réinventer le modèle

Il a donc fallu aux gérants actuels réinventer le modèle du pub et étendre, entre autres, leur offre de boissons. Il n’est pas rare maintenant de trouver un choix de vins, de cidres sans compter sur l’offre de bière locale et confidentielle.
Alors que le nombre de pubs diminuait, celui du nombre de brasseries a en effet paradoxalement augmenté afin de répondre à une demande de plus en plus variée et complexe de bière locale. Depuis 2018 le nombre de brasseries a par contre stagné et on n’en compte désormais environ 2,200 au Royaume Uni.
a véritable révolution vient de l’assiette ! Il a en effet fallu passer en cuisine pour survivre à ces règles étatiques. Les traditionnels fish & chips, pies et le Sunday roasts ont encore la cote mais une clientèle de plus en plus exigeante favorise l’émergence d’une cuisine raffinée et internationale. Le guide Michelin ne s’y est pas trompé et suit de près l’évolution de ces gastropubs, attribuant même à certains des étoiles depuis quelques années !
Aujourd’hui toutes les classes sociales, les hommes comme les femmes, franchissent le seuil des pubs et le week-end les familles y viennent avec plaisir le temps d’un déjeuner.
Faut-il pour autant dire que les pubs sont sauvés ? Rien de moins sûr notamment à Londres. Selon l’ONS (Office for National Statistics), Londres perdrait un pub par semaine. Le prix au m² et la délicate cohabitation avec les riverains s’ajoutent aux facteurs précédemment évoqués.
Face à cette disparition importante du nombre de pubs, le maire de Londres, Sadiq Khan, a lancé le « pro-pub planning strategy ». Il y invite, entre autres, les acteurs économiques à reconnaître l’importance des pubs comme lieux sociaux et culturels.
Espérons que ses paroles seront entendues pour de belles soirées entre amis autour d’une pinte !
CHEERS !

Quelle bière ?

L’Ale est une bière fermentée à haute température.
L’India Pale Ale, ou IPA, est une bière à fermentation haute originaire du Royaume-Uni. Elle s’appelle comme ça car elle était, lors de sa conception au XVIIIème siècle, destinée à alimenter les colonies britanniques aux Indes. Les IPA sont fortes en alcool et contiennent beaucoup de houblon. Elles ont une couleur orangée.
La Lager est une bière de basse fermentation. Elle peut être blonde, ambrée ou brune. Les lagers sont des bières légères qui se conservent longtemps. Leur origine est à chercher du côté de la Bavière, où elles ont vu le jour au XVème siècle.
La Pilsner est une bière blonde, claire, de fermentation basse. Elle titre à 5 degrés et son amertume est légère. Elle se boit fraîche, entre 10 et 12 degrés.
La Porter est une bière à fermentation haute originaire d’Angleterre.
Les Porter ont donné naissance à la Stout, une bière brune, un peu caramélisée, qui se boit tiède. Elle est brassée à partir d’un moût où l’on retrouve une forte teneur en grains très torréfiés. Elle a de ce fait un goût un peu fumé, grillé, proche des arômes du café et une couleur très foncée. Les stouts sont originaires d’Irlande. Ce sont des bières fortes, qui se boivent tièdes et sont assez liquoreuses
Le Lambic désigne une bière dont la fermentation est spontanée. Ces bières sont principalement produites en Belgique, dans la vallée de la Senne. La bière ne pétille pas et ne présente pas de mousse. Elle titre à 5 degrés. Elle sert parfois de base pour la préparation de bières aromatisées, comme la Kriek.
Les bières d’abbaye étaient autrefois brassées directement par les moines ou bien par un brasseur diligenté par des moines. Les moines trappistes continuent encore aujourd’hui à brasser leur propre bière. C’est une dénomination désignant des bières souvent un peu sucrées, fortes, avec peu d’amertume et de belles couleurs or.
Les dénominations simple, double ou triple font référence à des bières d’abbaye. La double et la triple sont plus corsées en raison de l’ajout de malt à la mixture initiale.