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Les maîtres britanniques à la National Gallery

19 Janvier 2026

L’apogée de la peinture anglaise s’étend de 1720 jusqu’au milieu du XIXe siècle. Les artistes britanniques excellent alors dans le portrait, les scènes de genre et les paysages.

Cette période d’épanouissement survient relativement tard par rapport au reste de l’Europe. Longtemps, la Cour et l’aristocratie anglaises accordent leur préférence aux grands maîtres étrangers  ; Van Dyck et Holbein dominent la scène artistique, reléguant dans l’ombre des talents locaux comme Nicolas Hilliard.
La Réforme entraîne la disparition de l’art religieux, et sous les Tudor, l’art pictural peine à s’imposer, la littérature et le théâtre — avec Shakespeare au premier plan — étant davantage prisés. Avec les Stuart débute une véritable passion pour la collection d’œuvres d’art, mais cet élan sera freiné par le régime de Cromwell. Ce n’est qu’en 1768, avec la fondation de la Royal Academy, que le statut des artistes britanniques s’élève enfin, permettant l’émergence de grands talents et de chefs-d’œuvre désormais reconnus.

Parmi nos œuvres favorites figure Les Ambassadeurs de Holbein, qui se distingue par sa formidable richesse symbolique. Ce tableau regorge de détails et de significations cachées, et il est évident que l’artiste souhaitait impressionner Henri VIII afin d’obtenir le prestigieux titre de peintre officiel. Maurizio, notre guide, a su nous en dévoiler la lecture comme s’il s’agissait d’un livre ouvert.

Comment départager Le petit garçon en rouge de Thomas Lawrence et le couple en promenade peint par Thomas Gainsborough  ? Le jeune garçon, vêtu d’un costume éclatant, incarne avec force la beauté et l’innocence de l’enfance, suscitant une émotion profonde. Quant à Mr and Mrs William Hallett ("The Morning Walk") de Gainsborough, il dépeint les personnages avec une finesse exquise, une élégance et une poésie qui annoncent, selon certains, les prémices de l’impressionnisme.

Whistlejacket de George Stubbs exerce une véritable fascination. Ce splendide étalon, représenté sur un fond doré et neutre, semble littéralement prendre vie  : sa puissance et la tension de ses muscles donnent l’impression qu’il va bondir hors de la toile sous nos yeux.