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Spencer House

02-02-2026

Visite de Spencer House, joyau aristocratique du Londres Géorgien

Après une agréable balade dans le quartier de St James’s et grâce aux anecdotes de Muriel sur les clubs exclusifs fréquentés par l’aristocratie, les boutiques raffinées où les dandys venaient se montrer, nous plongeons peu à peu dans l’atmosphère élégante du milieu du XVIIIᵉ siècle. C’est dans cette ambiance que nous découvrons Spencer House, l’une des plus belles demeures privées de Londres.

Construite entre 1756 et 1766 pour John Spencer, premier comte Spencer, dont la fortune s’est développée au début du XVIIIᵉ siècle grâce à l’élevage de moutons et à l’acquisition de vastes terres.
La maison est l’œuvre de l’architecte John Vardy. Elle incarne l’art de vivre aristocratique du XVIIIᵉ siècle, où la demeure est avant tout un outil de représentation sociale, conçu pour recevoir, impressionner et affirmer un statut.

Architecture et matériaux
La façade de Spencer House présente un motif de porte inspiré d’un temple romain, le temple de Vénus, soulignant l’influence de l’Antiquité dans l’architecture néoclassique. Bien que l’aspect extérieur semble en pierre, toutes les maisons de Londres à cette époque sont construites en briques, avec seulement un parement de pierre pour l’apparence.
Spencer House a été pensée pour recevoir : les espaces sont organisés selon un parcours destiné à impressionner les invités. La famille Spencer n’y réside plus depuis 1926. Durant la Seconde Guerre mondiale, l’intérieur est entièrement vidé et repeint en blanc ! : moulures, cheminées, décors et éléments architecturaux sont retirés afin de protéger le bâtiment ou réutilisés ailleurs.
Dans les années 1980, une fondation reprend le bail pour 125 ans et engage une restauration ambitieuse qui dure 10 ans. Des historiens de l’architecture travaillent à partir d’archives, de dessins et d’inventaires. Lorsque les éléments d’origine sont introuvables, des répliques extrêmement fidèles sont réalisées, permettant de redonner à Spencer House son éclat d’origine.

Des pièces plus raffinées les unes que les autres !
La bibliothèque
Elle rappelle l’origine de la richesse des Spencer et leur statut social élevé. La présence d’une bibliothèque témoigne de l’importance accordée à la culture et à l’éducation au XVIIIᵉ siècle.

La Palm Room
Située au rez-de-chaussée (dont la construction a duré environ deux ans), la Palm Room est une des pièces les plus spectaculaires ! Son décor de feuilles de palme symbolise la fertilité maritale et la prospérité.
La couleur verte utilisée contenait de l’arsenic, ce qui en faisait à l’époque la peinture la plus coûteuse. On y observe également une frise inspirée d’un temple romain ainsi que des griffons, symboles de la famille Spencer.

Le premier étage : influence grecque
Le premier étage marque un changement architectural majeur ;. Cette partie de la maison est confiée à James Stuart (l’Athénien). Jusqu’alors, la Grèce antique était peu connue en Europe. Cette évolution est liée aux membres de la Société des Dilettanti, à laquelle appartenaient des aristocrates qui effectuaient un Grand Tour d’Europe, parfois durant plusieurs années, afin de parfaire leur éducation. Le contraste est frappant avec le rez-de-chaussée d’inspiration romaine conçu par John Vardy.
On y trouve notamment une lanterne baroque datant des années 1700, inspirée de l’une des lanternes du Palais des Doges à Venise. Cet élément, jugé discordant, n’aurait probablement pas été du goût du premier comte Spencer.

La Painted Room
Située juste après la salle de bal, elle permet de s’isoler.
La Painted Room présente un décor symbolique contrasté :
• À droite : des scènes de discorde (pie, bataille), évoquant le conflit et le chaos.
• À gauche : des scènes représentant l’amour et l’harmonie, avec notamment des colombes.
Ce contraste illustre l’opposition entre désordre et équilibre, thème fréquent dans l’art décoratif du XVIIIᵉ siècle.